« La rupture: Nature : s. f.
Action par laquelle une chose est rompue ; état d'une chose rompue. Fig. Division qui survient entre des personnes unies par traité, par amitié, etc. Séparation des membres d'une assemblée ».
Si l’on considère l’Histoire, il est rare qu’une société change et évolue vraiment, profondément, sous l’impact de ses dirigeants. Bien sûr cela est arrivé mais globalement, ce sont les peuples qui, de manifestations en révoltes ou par le poids des élections, obtiennent des libertés, du respect et des considérations supplémentaires. Et font ainsi évoluer les lois de leurs sociétés.
Est-ce possible que nous soyons à une telle croisée des chemins, à ce moment précis où ce que la majorité du peuple veut, ressent et souhaite pour ses enfants, elle ne le trouve pas dans la société qui l’entoure ? Je le crois.
Au cours des dernières décennies, et à une vitesse record, le progrès a permis a une majorité de citoyens des civilisations occidentales d’accéder au progrès, au confort quotidien matériel, physique et à une certaine richesse. Et l’on nous a beaucoup expliqué les bienfaits de ces progrès : confort pour tous et réduction des inégalités mondiales.
Mais la déception s’ est installée et « l’effet boomerang » se dessine : A tous les espoirs nés de tant de promesses succède une déception au moins proportionnelle. Tout le confort n’est plus garanti, ni pour les plus faibles, ni même pour les classes moyennes. Des millions de gens sont laissés sur le bord de la route des sociétés occidentales. Des continents entiers ont été laissés aux portes du progrès. De plus, le progrès a accru les inégalités, a sérieusement entamé le capital écologique de la planète jusqu’à la mettre en danger et a créé un système, (au sens de l’organisation) que plus personne ne semble vraiment maîtriser. C’est ce que démontre la récente et vertigineuse succession de crises alimentaires, énergétiques et aujourd’hui financières et économiques.
Et de là naît un immense sentiment d’insécurité pour les citoyens. Leurs visions d’avenir deviennent floues, voire effrayantes. La classe moyenne, symbole et indicateur de l’état d’une société, retrouve la précarité à laquelle elle croyait avoir échappé en se dissociant de la classe ouvrière.
Et nous allons rechercher chez nos dirigeants des réponses sages, posées et rassurantes. Qu’on ne trouve, je crois, pas ou plus.
D’où cette rupture citoyenne qui me semble s’installer. Ce fossé qui se creuse entre le quotidien des Français et les solutions préconisées. Entre les décisions d’une majeure partie des responsables et celles que l’on aimerait entendre. Et même parfois la distance entre le traitement médiatique de nos vies et la réalité.
Bien sûr le mot rupture est galvaudé. Il a été mal utilisé. On a triché. Le mot a été vendu à but politique : Comme une promesse, presque une garantie du changement. « La rupture aujourd’hui c’est Sarkozy ! » prétendent certains.
Mais les mots aussi ont un sens, une histoire, une valeur. Et la rupture est le plus net, le plus clair pour évoquer ce que je vais exprimer, semaine après semaine, dans ce blog. Je veux y décrire ce sentiment sans cesse plus fort : Nous ne nous reconnaissons plus dans notre environnement, la vraie rupture arrive. Chaque citoyen partage au moins 95% des préoccupations de ses voisins. Et les citoyens veulent sécuriser leur avenir.
Je ne parle pas sûrement pas ici de violence, ni même de rejet du système actuel dans son ensemble. Ce serait idiot. Tellement de choses positives sont nées de ce système : Pour la première fois de l’humanité, en à peine un peu plus de dix ans, plus de 500 millions de personnes ont accédé à la classe moyenne. C ‘est évidemment un progrès formidable dont on ne peut que se réjouir.
Mais il s’agit maintenant de raisonner pour la suite, de réfléchir et d’agir avec tout le recul nécessaire, toute l’assise et la culture qui s’impose. Il s’agit non pas de courir ou de s’agiter au sein du système existant mais il faut reconsidérer le cadre de référence de nos actions pour les remettre en perspective avec les valeurs humaines, ces valeurs auxquelles nous aspirons . Il convient maintenant et urgemment de remettre l’homme au centre des préoccupations et des décisions qui seront celles de notre société.
Il ne s’agit plus de sauver le système ou de l’accentuer. Il s’agit de le reconsidérer sous un autre regard pour lui donner le nouveau souffle dont il a besoin.
Inutile de démontrer l’urgence : tout le monde la connaît je crois. Chaque jour en apporte la preuve. Il s’agit donc maintenant de discuter les solutions. D’apporter des idées ou des propositions.
C’est ce que je m’attacherai à faire chaque semaine ici aussi.
vendredi 9 janvier 2009
Ecoutez d'où ma peine vient...
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