Le fonctionnement de l’Union Européenne peut dérouter, même les plus avertis des citoyens. Pour devenir acteurs de l’Europe, nous devons écrire ensemble un projet de refondation européenne et définir des modalités de conduite de ce projet qui soient adaptées aux exigences citoyennes du monde contemporain.
Quatre grandes dates marquent l’histoire de la construction européenne contemporaine. En 1951, c’est la création de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, prélude à la signature par les 6 pays fondateurs du Traité de Rome le 25 Mars 1957. La signature de l’Acte unique Européen le 17 Février 1986, marque l’aboutissement du projet de marché unique par l’établissement de la libre circulation des travailleurs, des marchandises, des capitaux et des services. Enfin, le 7 février 1992, le Traité de Maastricht crée l’Union européenne et prévoit la mise en place de l’Euro.
A l’issue d’une construction d’abord et avant tout économique, l’Union européenne a procédé à un élargissement spectaculaire, montant son nombre d’Etats Membres à 27. Pour autant, aucune démocratisation du fonctionnement n’a été conduite. C’est toujours le Conseil Européen qui domine le triangle institutionnel. Le Parlement Européen gagne, depuis quelques années à peine, en légitimité dans le débat institutionnel et public.
Le Traité de Lisbonne établit le 13 décembre 2007 mais en attente de ratification suite au rejet Irlandais peut apporter une nouvelle dimension, plus intégrée et plus démocratique. Le périmètre des décisions du Conseil Européen s’appliquerait à 41 nouveaux domaines de politiques publiques. Les mécanismes de codécision avec le Parlement Européen seraient alors immédiatement étendus à de nouveaux enjeux tels que la politique agricole et rurale, la politique de la mer, la justice, les affaires intérieures. En attendant, il est urgent de résorber le gigantesque fossé qui sépare les citoyens des institutions européennes. Nous devons avoir le même degré de proximité avec nos représentants au niveau européen qu’avec nos élus nationaux.
Proclamer nos valeurs, affirmer notre identité, écrire ce à quoi nous croyons, montrer le chemin, imaginer à nouveau notre destin commun : ce sont aussi les exigences de la refondation du projet européen.
La dernière décennie a marqué le temps européen du doute et du repli, des fractures, des contradictions et des remises en cause. Les états européens n’ont pas su adapté leur offre politique aux inquiétudes et aux demandes des peuples, que ce soit en termes de libertés, de protection sociale ou de sécurité. Ils n’ont pas su non plus apporter des réponses sur l’état du monde, devenu inquiétant et multipolaire.
Pour « continuer l’Histoire » comme l’appelait de ses mots Hubert Védrine, il faut convenir que la remise en marche de l’Europe relève d’un élan renouvelé, d’une pensée et d’un projet réajustés. Les valeurs défendues dans ce but, la liberté, la responsabilité, la justice, la solidarité, sont toutes fondées sur la dignité de la personne humaine. Elles sont celles du Mouvement Démocrate et du Parti Démocrate Européen.
L’Europe fut et demeure un élan, une rencontre, un construit et un acquis plus qu’un absolu ou une référence. Au plan politique, le projet de fonder un État européen serait une erreur car il ne pourrait être autre chose que la réunion des nations souches qui garderaient, elles, la charge identitaire la plus ancienne et la plus forte.
Sur cette question de l’identité, il y a donc un compromis intelligent à trouver, à la fois contre les partisans d’une identité exclusive et contre les rêveurs d’une rationalité totalisante. Finalement, la réflexion sur les valeurs légitime trois priorités politiques : hâter l’Europe du droit et de la personne humaine ; installer l’Europe des savoirs et de l’éducation ; lancer l’Europe de nouveaux grands projets communs ! Retrouvons l'Europe des citoyens.
lundi 9 février 2009
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